Les Soeurs Faez
La Serenata Picante - Cuba
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Patronnes radicales du genre, les Faez triturent l'art de la sérénade avec une féroce vitalité. Le processus de macération sur la trova qu'elles ont opéré donne la plus explosive mixtion qui soit: celle du grain racleux des voix de la rue (en l'occurrence des chemins de fer, ce fut une famille de cheminots) arrimé aux adresses amoureuses quasi-centenaires, magnifiquement vivantes qui forgent leur répertoire. Leurs attaques mordantes ont vite fait de réinventer la déchirante nostalgie, les boléros langoureux, les tangos ou criollas trop tôt lissés par d'autres, envoyant valdinguer d'une oeillade définitive toute tentative de pathos, d'anecdote, de sophistication. Si, de Camaguey, elles surgissent de la CASA de la TROVA ("Maison des troubadours" version locale des maisons de culture et disque éponyme chez Détour/ Erato), elles en seraient plutôt le CORPS, tant leur fluide spécial - tenant, à la manière d'une Chavela Vargas et d'une Maria Térésa Vera, à la fois d'une verticalité andalouse et d'un sang nègre - fait exploser les bords du cadre. Ceux du répertoire "cubain" d'abord, par cette vaste latinité qu’elles chantent depuis quelques six décennies et, de la "sagesse" de la retraite. Un mot qui ne figure pas au dictionnaire des frangines septuagénaires.
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