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Etsuko Chida

© Christophe Perrin
Japon

MUSIQUE TRADITIONNELLE JAPONAISE

Etsuko Chida est née à Sapporo, ville principale de l’Hokkaido, l’île la plus septentrionale de l’archipel nippon.
Dès l’âge de cinq ans, elle a commencé l’apprentissage du koto et du chant de l’école Yamada, dont le maître actuel est Yemoto Hagioka Shoin, qui vit à Tokyo.
À Sapporo, Etsuko Chida a suivi le rigoureux enseignement traditionnel de trois des plus grandes virtuoses du koto, Kaga Toyomasa, Yokota Toyochika et Sanagi Okatoyo. Ses longues années d’études ont été couronnées par le droit de porter un natori, un nom professionnel, celui de Toyochi Eka.

Etsuko Chida s'agenouille sur le tapis de scène avec la grâce qu'impose le port du kimono et se penche vers son noble compagnon de bois, d’ivoire et de nylon. En quelques gestes précis, elle réajuste la position des chevalets et la tension des cordes puis pince et caresse ces dernières afin d’en extraire la cristalline richesse.
Inspiré au VIIème siècle du cheng chinois, le koto est devenu au fil des siècles l’un des instruments les plus représentatifs de la musique japonaise traditionnelle. Plusieurs approches de jeu de cette cithare se sont développées à travers les siècles. Etsuko appartient à l’école Yamada qui, à partir du XVIIIème siècle, ajouta le chant narratif aux valeurs les plus ancrées de la musique instrumentale en privilégiant au passage l’utilisation du koto sur celle du luth shamisen jusqu’alors dominant. Depuis l’âge de 5 ans, elle a suivi l’enseignement successif de trois maîtres qui, pour saluer la maturité de son art, lui ont attribué un natori, un nom professionnel composé à partir d’éléments de leurs propres patronymes. Ainsi, Etsuko est aussi connue en tant que Toyochi Eka, élève méritante de Kaga Toyomasa, Yokota Toyochika et Sanagi Okatoyo.

La musique du koto impose rapidement un climat délicat sur laquelle la voix de la musicienne s’appuie pour prendre son envol. Le récital démarre par une composition de Yamato Shorei (1844-89) qui évoque l’analogie entre une étendue de neige et une feuille blanche sur laquelle on écrit les lettres d’amour. Le chant s’écoule avec douceur remplissant l’espace vierge de notes tour à tour fragiles et passionnées. Comme de précieuses estampes, les poésies chantées décrivent les richesses de la nature, ici un nid de grues sur un pin du jardin impérial "Shôjô no tsduro", là des vagues se brisant sur le rivage "Chidori no kyoko". Habillés de bagues-plectres, les doigts fins de la main droite de l’artiste semblent danser le long des cordes comme des danseuses étoiles en chaussons alors que ceux de l’autre main glissent tels des patineurs sur un lac gelé. La musique, tour à tour éthérée, sautillante ou accidentée, renvoie à une large gamme de sentiments qui, de l’extase à la colère, en passant par la gaieté, résument la vie et nous entraînent dans un univers intemporel dans lequel passé, présent et futur se mêlent pour nous envoûter.

Discographie sélective